Hulo Guillabert
De volonté et de courage

Une géante panafricaniste, combative, idéaliste, révoltée face aux injustices sociales subies par les enfants mendiants.

Elle est née au Sénégal où elle a vécu jusqu’à ses 21 ans. Après 30 ans de vie à l’extérieur, les enfants mendiants lui restaient en mémoire « Je ne pouvais pas oublier, j’avais cela en moi, c’était comme une plaie qui ne pouvait pas guérir, je faisais des pétitions et des collectes pour eux, même de loin ».
Après Abidjan, Paris, l’Ile de la Réunion, le Québec, elle vit actuellement à Toubab Dialaw, où elle s’est installée, attirée par des amies qui lui ressemblent.

Cette écrivaine, éditrice, activiste panafricaine a abandonné une longue carrière de consultante dans les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) pour revenir s’installer dans son pays natal et mener un combat politique panafricain et social, qui lui tenait à cœur depuis toujours…
Hulo a initié le collectif d’associations « Doyna Stop à la Mendicité des Enfants » en 2014. Au début, le collectif recevait des insultes sur les réseaux sociaux, car il y avait un tabou religieux lié à cette cause. En fait, au Sénégal, personne n’osait dire ouvertement que des exploiteurs maltraitant des enfants « étaient des criminels qu’il fallait enfermer », mais le collectif l’a fait ouvertement dans les médias et dans des grandes manifestations.

Et depuis, il y a eu un grand changement des mentalités, maintenant, une grande partie de la population partage le même discours et condamne ces crimes.
Ce collectif est constitué de simples citoyens et d’associations de défense et de protection des enfants mendiants du Sénégal. Contrairement aux associations qui viennent en aide aux enfants mendiants, le Collectif lui se bat sur le terrain idéologique et politique en interpellant l’État afin qu’il règle définitivement le problème de ces enfants des rues, car seul l’État a les moyens régaliens (la force de la loi) d’appliquer des actions sur tout le territoire et dans la durée, c’est une question de volonté politique. D’ailleurs une loi existe pour sanctionner ces crimes, mais n’est pas appliquée !
Hulo dénonce et met l’État devant ses responsabilités en matière de protection de l’Enfance et demande qu’il respecte enfin sa signature des conventions internationales à ce sujet.

Elle s’insurge « Il est vraiment temps de trouver une solution durable et définitive pour ces enfants que le mauvais sort, l’indifférence et la négligence de notre État et de notre Société tendent à déshumaniser… Ce sont des êtres humains, et de plus, des enfants souvent en bas âge ! »
Par ailleurs le collectif a décidé de refuser tout financement extérieur afin de garder une ligne d’action claire, intègre et indépendante, et montrer que les Sénégalais peuvent s’organiser et dénoncer eux-mêmes leurs problèmes.
La virulence et la pugnacité de Hulo Guillabert, qui ont grandement alimenté la visibilité des campagnes sur les réseaux sociaux et dans les médias, en ont fait l’incarnation même de cette lutte. C’est ainsi qu’elle a pu fédérer de nombreuses personnes pour la cause. « Cette volonté de se rebeller, d’agir et d’assumer ses responsabilités en toutes circonstances, elle l’acquiert auprès de son père, un homme de poigne avec de belles valeurs. Il nous éduquait à la dure, mais en même temps, il nous montrait beaucoup d’affection et laissait la place à la contestation quand il commettait des injustices à notre égard ».

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